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Les mesures s’accumulent. Le monde est déboussolé. L’amplitude de nos gestes se resserre dans le gosier.
On continue, au travers de nos corps: les métiers, surtout.
Travailler sur cet étouffement: c’est ce qui m’intéresse réellement au travers de ce nouveau projet.
Observer, et proposer une partition à la fois absurde et cruelle d’un monde qui part en doute. D’un monde en proie à la déresponsabilisation croissante que l’on subit tous à travers des fonctions démultipliées. Il s’agit d’élaborer chorégraphiquement un monde englué dans sa propre dramaturgie mise en place.




Cette pièce est écrite pour un plateau nu. Un premier personnage, l’État des lieux, est chargé de faire état du spectacle en décrivant tout ce qui se passe sur scène. Trois autres personnes s’incarnent sur la scène en une dizaine de personnages, tous en possession de gestes identitaires distincts.  L’état des lieux  visite en permanence l’espace et décrit ce qu’il voit sur la scène. Il présente ainsi de manière formelle les différentes incarnations des acteurs: une danseuse classique, une psychologue,, un architecte, un expert, un poète, un addiction, une femme de ménage, un touriste, le Nombre, et Sauvé.
Les personnages se croisent, s’incarnent, se désincarnent, en créant parfois des paradoxes gestuels au travers des enchaînements. De là, ce rapport se met formellement en place au sein même de la structure narrative, resserrant le temps et l’espace en développant une urgence.  Plusieurs paradoxes se mettent ainsi en place au travers de la sémantique qui s’imbrique entre leur univers, laissant  la place à une déresponsabilisation collective -  la répartition des responsabilités de chacun dans un système-. Les gestes se concentrent en grande partie sur l’organe du doigt.

Les personnages auront une partition en suivant des règles très précises: des règles algorithmiques qui généreront plusieurs probabilités de relations, en fonction de la dégénérescence des situations.

Le plateau sera tout d’abord complètement nu, puis sera quadrillé au fur et à mesure des normes, installées sur le sol, créant ainsi plusieurs balises et activant les personnages en fonction de la circulation des autres personnages au plateau.
Chaque personnage a son enjeu, créant ainsi des zones de conflits entre les personnages eux-même quand ils se croisent.

Ces balises influenceront aussi énormément le rythme de la performance, car les acteurs choisissent d’interchanger les rôles des autres acteurs en fonction de leur situation, créant ainsi parfois des modifications soudaines et répétitives en fonction de leurs conflits.

La parole est très importante au plateau, car elle décrit ce qu’il se passe, sauf lorsque l’on impose à l’état des lieux de se taire. Il fait donc état des lieux de tout, que ce soit les gestes, l’espace, les paroles des autres ainsi que le public. Cela crée ainsi des mises en abîme et des échos, laissant la place à de multiples réinterprétations de paroles.

La visée de ce projet est à la fois de pousser les enjeux des uns sur les autres, tout en s’attachant aux hasards des combinaisons. Il  va de soi que l’équilibre pour la tenue de ce spectacle est d’activer les autres, quitte à ce que cela crée des conflits. Chaque acteur est un appui pour les autres. Ils permettent ainsi, en générant leurs conflits de rester en vie sur le plateau.

Garde à vue qu’il te montre, c’est réfléchir aux paradoxes de la langue mais aussi des corps, en partie les corps de métiers comprimés dans leurs gestes, dans leurs habitudes et leurs conséquences. Le texte est en partie écrit, mais il s’agit surtout de créer un squelette solide au travers du processus pour garder une liberté de recherche au plateau.


 

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