Extrait

Aujourd’hui Noémie est avec un autre amoureux. Pas celui d’avant avec qui elle était pendant deux mois. Ils s’embrassent et font des tours ensemble. Ils oublient la foule autour.

Ils s’échangent des galoches en grande roue et font plein de tours sans payer leur place. Peu importe.

Amour et Gordon.
Et du soleil sur les bancs. Ils sont dans son point chaud sur le banc. Le chaud du soleil qui tape tout droit sur leurs doigts.


Depuis que c’est la fête forraine dans leur bouche, elle se met un peu Bling bling pour niquer les vitamines. Noémie met du rouge à lèvres aux dalles. Depuis ce matin, il y a toutes les dalles qui sourient.
 

Un copain bling bling arrive avec ses dents qui brillent sur son teint chocolat, ses colliers qui ont fait des bêtises, qui pendent et qui trinquent comme une banque à taux ultra positifs. Lui quand il vient il y a tout le monde qui s’avance. Il met la peau entre ses genoux et avec les mains il fait du tam tam pour taper les carences. Et les carences elles résonnent dans l’espace public et font vibrer tous les bling bling qui aimeraient bien s’arrêter mais ça pourrait couper chlack de s’approcher trop près du tam tam qui fait danser la carence. Alors ils les laisse seuls danser entre deux graving, puis trembler entre deux valses. On sait plus avec le tam tam sur ce banc si la danse fond dans l’affection infectée ou si elle est juste infectée d’affection. Il tape le tam tam jusqu’à ce que sonne le gong, que le ciel azur se transforme en éther, et les sacs plastique en flacons.


Mélange d’alcanes. Les degrés qui baissent dans l’atmosphère et qui montent en marge dans les artères de Noémie. Degrés qui gèlent les mains et chauffent la gueule à coup de Bacardi. Mélange d’essences de la gueule aux sinus pour que le corps chute et poursuive la danse Cumbia dans le chut de la ville où les degrés tombent. Là où est l’éther, l’air y est plus pur et plus chaud. Fils des ténèbres et de la nuit, petit-fils du chaos, il est respiré par les dieux. Mais déjà, de discuter avec les
anges, Noémie ça lui suffit.


Doudounejaune est sur la place avec du poisson cru. Il crie sous les balcons car il aimerait le cuire. Il a tout: les patates, la sauce et la sole. Il veut. Cuire tout ça. Que ça rentre cuit quand ça rentre dans
son palais. La sole dans son palais sur le banc. Le sol c’est pas facile pour tout cuire. ET IL Y A PLUS PERSONNE. Même pas Noémie. Il sait pas que Noémie est collée à l’ombre entre deux arcades, le cerveau dans les alcanes. Alors que quand il y a Noémie, on sait que ça continue, et que au pire, même si on a une sole crue à faire cuire dans son sac plastique, on l’oublie. Mais là, grosse discussion avec le banc et la sole. Il aimerait être cuit. Mais il a acheté cette sole au lieu de trois Gordon.